Samedi 16 novembre, dans la salle du conseil municipal à Combrée (commune déléguée d’Ombrée-d’Anjou, Maine-et-Loire), devant un parterre de sympathisants et de membres de confréries, commanderies ou d’académies des Pays de la Loire, les Gabelous d’Anjou ont fait leur entrée dans la grande famille des défenseurs et promoteurs d’un produit, d’un territoire, avec la tenue de son premier chapitre.
Lors de la cérémonie ouverte par la maire déléguée, Sophie Morisse, le protocole a été respecté. Les sept membres de la confrérie ont été adoubés par leurs pairs. Et cinq personnes ont été intronisées pour un an, dont Sophie Morisse.
Promouvoir des produits locaux et de qualité
Comme la confrérie des Gabelous d’Anjou n’a aucun produit local de haute renommée à promouvoir, elle a décidé de mettre en valeur divers mets issus du territoire. René Vasière, le grand maistre de la confrérie cite « les fromages et produits laitiers de la ferme de la Guiblaie, au Tremblay, ceux des P’tits Brillet, à Saint-Michel-et-Chanveaux, ainsi que le layon gouleyant du domaine de Trompe-Tonneau, à Faveraye-Mâchelles ».
René Vasière a aussi insisté sur les tenues de la confrérie, « on ne peut plus locales », qui « sont confectionnées et cousues par Virginie Seigneury, couturière à Pouancé. La cape est bleue comme l’ardoise de ce territoire, une épée est brodée sur le pan gauche. Notre chapeau a été façonné par la modiste Anne-Marie Haubois, de Ruillé-Froid-Fonds », en Mayenne.
Un nom qui ne manque pas de sel
Ce jour-là, il a aussi été question de sel, en lien avec le nom de la jeune confrérie. Jusqu’à la fin du fin du XVIIIe siècle, il fait l’objet d’un impôt, la gabelle. « Le sel s’infiltre, ensaché, par quelques bois et chemins creux grâce aux contrebandiers qu’on nomme les faux sauniers, raconte le grand maistre, qui est aussi féru d’histoire. Ces brigands sont pourchassés par les douaniers : les gabelous. Ils les traquent sur les frontières avec la Bretagne. Nous sommes les dignes représentants de ces hommes d’honneur qu’étaient les gabelous. »
À noter que René Vasière a écrit Ptit Jean du Plessis, livre qui traite des transactions de sel entre Anjou et Bretagne et des faux sauniers. Il a d’ailleurs recensé treize Combréens qui, à cause de la contrebande de sel, ont été envoyés au bagne.
MaJ: 19/12/2024